• Lorane Lechevalier

Une expérience sur le Test Musculaire Manuel ou Kinésiologie Professionnelle Appliquée (AK)

Mis à jour : 22 août 2018


Test Musculaire Manuel

La vision de la chiropraxie concernant la santé est holistique.

En effet, tout stress physique, chimique ou émotionnel peut compromettre la bonne santé d'un individu. Ces trois composantes forment ce que l’on appelle le triangle de la santé.


Afin d'agir au mieux sur ces différents aspects, certains chiropracteurs font appel à une technique nommée « test musculaire manuel (TMM) » ou « kinésiologie professionnelle appliquée (AK) ».


Cet outil, inventé dans les années 1970 par un chiropracteur, le Dr Goodheart, est utilisé par près d'un million de thérapeutes à travers le monde : des kinésithérapeutes, des ostéopathes, des médecins, et bien entendu des chiropracteurs.


La technique, non invasive, permet d'évaluer l'intégrité neuro-musculo-squelettique d'un patient.

Le test musculaire cherche à évaluer le contrôle neurologique du muscle par le patient, et non la force de ce muscle.

Le TMM est aussi utilisé pour évaluer la réponse du patient suite à une stimulation sémantique, afin de vérifier l'aspect psychosomatique, et parfois certaines composantes biochimiques.


Les deux études réalisées dans cet article scientifique consistent à vérifier d'une part la pertinence de cet outil pour distinguer des déclarations fausses et des déclarations vraies, et enfin de s'assurer que le test n’est pas influencé par le praticien en fonction de son intuition.


Méthode :

Ces deux études ont été réalisées en Angleterre avec des données recueillies à travers trois pays anglo-saxons : en Nouvelle-Zélande, en Angleterre et aux États-Unis. Les patients étaient consentants et non informés de l'expérience.


Le premier principe de l'étude clinique repose sur le fait que le muscle testé s'affaiblit en cas de mensonge énoncé par le patient, ou au contraire reste fort lorsque le patient dit la vérité.

Le second objectif est de vérifier si l'instinct du thérapeute aboutit au même résultat que le test musculaire.

Pour cela, le praticien doit deviner grâce à son intuition si le patient ment ou dit la vérité. Pour y parvenir, il se base sur tous les sens à sa disposition : vue et langage corporel principalement. Dans un second temps le praticien vérifie cette intuition en utilisant le TMM.


Expériences :

Cette étude a regroupé 40 binômes, chacun composé d'un praticien de la santé utilisant le TMM (sans critère de métier) et d'un patient « naïf » ne connaissant ni le TMM ni le praticien faisant le test.


Le test se réalise de la façon suivante : le thérapeute applique une force contre un muscle alors que le patient maintient la position de l'articulation et de ce muscle. Si le patient parvient à résister à la tension exercée par le praticien, alors son muscle est jugé « fort ». A défaut, il sera qualifié de « faible ».

Dans le cadre de cette expérience, le muscle deltoïde (muscle du bras) a été utilisé (le patient maintient son épaule avec l'articulation gléno-humérale à 90°, paume de main vers le bas). Le contact du praticien est situé sur l'avant-bras distal du patient. La pression appliquée peut varier entre deux praticiens, de même que le positionnement de leur main. Les thérapeutes ont été laissés libres dans leur façon de tester ce muscle deltoïde.


Le test s'est déroulé de la façon suivante : les patients avaient devant eux une image projetée sur un écran, sélectionnée aléatoirement par un ordinateur. Lors de la visualisation, les participants ont reçu une instruction par voie informatique via un écouteur, inaudible du praticien « dire, je vois un... ». La véracité des déclarations a été également attribuée au hasard par un logiciel adapté. Les images étaient émotionnellement neutres et associés à des mots neutres.


De son côté le praticien devait également regarder un écran qui comportait soit la même image, soit une image différente de celle du participant « naïf ».

Chaque binôme a vu 40 images, avec 50% en moyenne d'images erronées.

A la fin du test, un questionnaire a été remis au patient afin d'évaluer la compréhension du patient sur le déroulé de la procédure, notamment s'ils avaient compris le paradigme étudié.


L'expérience 2 n'est pas réellement significative en raison du faible échantillon de participants et du protocole.


Résultats de la première expérience :

Dans les tests à l'aveugle les praticiens utilisant le TMM ont détecté les mensonges dans environ 66% des cas.

Leur intuition permettait de détecter seulement 47% des cas.


Les résultats de l'expérience sont sensiblement les mêmes, que le testeur soit chiropracteur ou praticien de la santé.


Conclusion :

Cette expérience est limitée aux tests concernant le mental conscient.

Les techniques utilisant le TMM en chiropraxie font peu appel au mental conscient. C'est la raison pour laquelle d'autres recherches seraient utiles pour valider l'utilisation du test musculaire.


Toutefois rien n'invalide l'usage des tests musculaires manuels en tant qu'outil diagnostic en chiropraxie. En effet, bien qu'imparfait, il présente l'avantage d'être sans risque et à faible coût.

C'est donc un bon complément pour affiner un diagnostic chiropratique.


Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27903263

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