• Lorane Lechevalier

Problème de sommeil chez l'enfant


Au dodo les petits – Anna Wahlgren


Comment aider bébé ou le petit enfant à faire ses nuits ? Comment faire pour qu’il fasse (enfin) de longues nuits complètes et reposantes, au plus grand plaisir de toute la famille ?

C’est le sujet abordé par cette auteure Suédoise, et décrit dans son ouvrage « au dodo les petits ».

Introduction


Le nourrisson est dépendant à la naissance. Plus que tout autre mammifère, il a besoin de ses parents pour répondre à ses besoins vitaux. Le monde est nouveau, rempli d’inconnus et de dangers, et sans aide il va mourir.

C’est la raison pour laquelle, et c’est le postulat principal d'Anna Wahlgren, le ou les parents doivent adopter une « attitude d’évidence ». Ils savent ce qui est bien pour l’enfant et doivent faire montre d’assurance. C’est par ce comportement rassurant et les actions assurées qui en découlent que l’enfant va se sentir en sécurité. En endossant ce rôle de responsable, les parents vont permettre à l’enfant de profiter de chaque instant, sans avoir peur du comportement imprévisible du parent. Combiné à une routine journalière organisée, l’enfant, apaisé par l’organisation de la famille sera ainsi plus disposé à être détendu et confiant envers ses parents. Associée à une routine du soir agréable, l’enfant sera plus enclin à dormir sur une longue durée et aura un sommeil récupérateur.


La méthode « au dodo les petits », présentée par l’auteure, est bien distincte de la méthode des pleurs ou méthode 5-10-15 dans laquelle l’enfant est autonomisé pour son endormissement en devant se calmer seul, ses parents n’intervenant que toutes les 5, 10 ou 15 minutes. Encore plébiscitée à l’heure actuelle, la principale critique relative à cette méthode est qu’il faut laisser l’enfant pleurer en le réconfortant uniquement par la parole, la vue et un léger contact physique (main posée sur l’enfant). Dans cette situation, l’enfant a énormément de difficultés à se calmer physiquement. Celui-ci s’endormira dans un sommeil d’épuisement beaucoup moins réparateur qu’un sommeil atteint par le calme.


La méthode proposée par Anna Wahlgren place le parent en responsable de l’enfant. A l’aide d’une routine journalière fixe, d’horaires prévisibles, le parent prévient les demandes de bébé ou de l’enfant.


L’auteure commence son ouvrage en écrivant une allégorie sur un touriste réalisant un safari et bivouaquant dans une jungle où rodent des fauves. Sa seule protection pendant son sommeil est son guide. Avec ce parallèle, l’auteure va montrer au lecteur ce que peut ressentir un petit enfant face au manque de calme et de confiance, de la part de son ou ses parents. Dans l’exemple, imaginez devoir dormir protégé par un guide dont la seule réponse aux dangers de la jungle est de vous faire un câlin inquiet…


Les solutions proposées par l’auteure détaillent trois points clés essentiels pour une bonne nuit de l’enfant : le calme, la sécurité et le plaisir de dormir.


I Le calme


Pour qu’un enfant puisse dormir, tout comme un adulte d’ailleurs, celui-ci doit être calme. Physiquement, il doit être détendu.


Une fois les besoins vitaux de nourriture et de propreté satisfaits, c’est par le comportement assuré et son propre calme que le parent va inviter l’enfant à se coucher. Ses gestes doivent être sûrs et posés, montrant à bébé que tout va bien.


Anna Wahlgren met en avant plusieurs outils pour aider à calmer le bébé ou l’enfant.


Tout d’abord des outils physiques :

- un positionnement rituel rassurant avec une rupture de contact visuel avec les parents, invitant l’enfant à cesser toute activité physique,

- des techniques de mouvements rythmiques qu’elle a mis en place pour que l’enfant se détende : le bercement du landau ou le flapotement (terme crée par l’auteure et détaillé dans le livre),

- un geste englobant et rassurant : l’éventail avec les mains pour envelopper l’enfant.


Enfin, et c’est là la clé de cette routine de sommeil, le dernier outil que propose l’auteure est auditif. Il s’agit d’une comptine de nuit, qui indique à l’enfant que vous êtes toujours présent et que vous vous assurez de sa sécurité pour la durée de son sommeil. Avec cette routine de coucher, courte et ne mentionnant pas le prénom de l'enfant, claire et identique tous les soirs, l’enfant sait que tout va bien et qu’il peut se détendre pour atteindre le sommeil.

II La sécurité


L’enfant doit se sentir psychologiquement en sécurité pour se détendre.


Premier point : la sécurité du lit. Si l’on souhaite que l’enfant dorme dans son lit, alors celui-ci doit comprendre que son lit est un lieu où il est en sécurité.

Lorsque le parent, pensant bien faire, cherche à rassurer l’enfant qui pleure en le prenant dans ses bras, ce qui le sort de son lit, alors il va insinuer l’idée que le lit est un endroit non sécurisé. Par cette habitude, bien que légitime et dominée par l’instinct de protection maternel ou paternel, l’enfant risque de prendre peur lorsqu’il se réveille seul dans son lit. En effet, en le prenant, vous faites un bouclier protecteur avec votre corps et il comprend que la sécurité se trouve en fait dans vos bras, collé à vous. Le lit peut alors devenir un endroit dangereux, d’autant plus si vous n’êtes plus à côté de lui à son réveil.


Second point : la sécurité de l’environnement. Le bébé a besoin de comprendre que sa chambre est sécurisée. Le bébé ou le petit enfant est souvent en proie à des angoisses nocturnes, ou angoisses de terreur, ou encore « peur du loup » d’après l’auteure du livre. Cette peur, légitime pour bébé qui découvre le monde, est amplifiée la nuit, en l’absence de papa et maman.


En effet, à la différence de l’adulte, l’enfant ne peut pas lui-même s’assurer que son environnement est sécurisé. Il ne peut s’assurer que la porte d’entrée est fermée et que personne ne va s’introduire dans sa chambre pendant son sommeil. Il a donc besoin que ses parents lui fassent savoir que sa chambre et son lit sont sécurisés.


Pour que l’enfant sache qu’il est en sécurité, il n’y a qu’une seule option : adopter une attitude confiante et bienveillante. Ce n’est pas le fait d’établir un contact visuel ou physique, de cajoler l’enfant, le prendre dans vos bras ou lui faire un câlin qui va lui faire comprendre qu’il est en sécurité. Pour Anna Wahlgren, la comptine suffit à faire passer au petit le message suivant : « La nuit on dort, la nuit rien ne se passe », ni activité, ni danger.


III Le plaisir de dormir


Votre enfant, tout comme vous-même, a envie de profiter pleinement de chaque instant. Le coucher ne doit pas être perçu comme une privation de ces instants avec ses parents mais comme un moment agréable et privilégié. Aller se coucher doit devenir un plaisir. L’enfant doit en avoir envie.


S’amuser juste avant d’aller au lit est donc la meilleure solution. Si le bébé ou l’enfant rigole aux éclats juste avant de fermer les yeux, il sera heureux de se coucher. C’est l’amusement rituel créé par l’adulte au moment d’aller au lit, qui va aider l’enfant à avoir envie d’y aller. C’est l’idée de la « franche rigolade du soir » qu’il faut retenir, plutôt que des moments de tendresse et de cajolerie qui vont rendre la séparation d’autant plus difficile.


Dans la pratique


Dans le livre d’Anna Wahlgren, « Au dodo les petits », vous trouverez les informations nécessaires à la mise en œuvre de ces 3 points clés.


Elle détaille en outre les durées idéales de sommeil du bébé et de l’enfant en fonction de leur âge.


Elle décrit également la meilleure façon de procéder pour créer une routine avec le nourrisson dès la naissance pour que bébé prenne un rythme jour/nuit.

Elle propose une cure, la cure « au dodo les petits », qui peut être effectuée au delà des 4 mois de l’enfant, lorsque celui-ci ne parvient pas à faire ses nuits. Cette cure est indiquée lorsque parents et enfants sont épuisés car plus personne ne parvient à dormir.


Enfin, elle conclut avec des outils concrets qui permettent de calmer l’enfant et de créer un agenda sécurisant pour lui.

Livre : au dodo les petits, Anna Wahlgren, éditions Biovie.

Page Facebook : au dodo les petits.


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A noter toutefois que cette méthode a été critiquée par OVEO (l’observatoire de la violence éducative ordinaire) en 2017. Cet organisme a laissé un droit de réponse au directeur d’édition du livre en version Française. Voici le lien pour plus d’informations : https://www.oveo.org/anna-wahlgren/.

Lorane Lechevalier Chiropracteur à Pau : logo